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lundi 5 juin 2017

La tresse, Laetitia Colombani



Titre : La Tresse
Auteur : Laetitia Colombani
Date de publication : 10 mai 2017
Éditions : Grasset
Pages : 224


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C'est en voyant les affiches dans la gare que j'ai eu envie de découvrir ce roman à la si jolie couverture. Je remercie donc NetGalley et Grasset pour cette lecture qui m'a complètement bouleversée.

3 destins de femmes

La tresse, ce sont trois brins d'histoire, trois destins de femmes qui vont devoir surmonter de terribles épreuves. Trois femmes qui ne vont jamais se rencontrer mais pourtant, d'une certaines manière,  dont leurs destins sont liés. 
D'abord, on a Smita, une indienne, une Dalit, un Intouchable, une hors caste, une scavenger. J'avais presque l'impression de lire une dystopie tellement je ne pouvais pas imaginer qu'en 2017, des personnes soient traitées de la sorte. De manière héréditaire, pour expier une faute qu'elle aurait fait dans une vie antérieure, Smita doit, pieds nus et à mains nues, nettoyer les déjections des autres habitants du village. Elle le fait sans toucher de salaire et ne vit que de ce que les autres habitants lui donne et des rats que son mari chasse. C'est ce qu'elle fait puis qu'elle a six ans. Aujourd'hui sa fille à six ans, et elle a décidé qu'elle ne fera pas subir ce destin à sa fille.
Ensuite, on part en Sicile, à Palerme pour rencontrer Guilia, qui travaille dans l'usine de son père. Toute la journée, avec les autres ouvrières, elle décolore des cheveux et les recolore pour en faire des perruques. Lorsque son père se retrouve hospitalisé, elle fait l’horrible découverte que l'entreprise est en faillite, que les employées vont devoir être licenciées, que la maison de sa mère devra être hypothéquée. D'après cette dernière, le seul moyen pour la jeune femme d'éviter la ruine à sa famille serait d'épouser un jeune homme riche mais qu'elle n'aime pas...
Enfin, on rejoint le Canada pour faire la connaissance de Sarah, une avocate réputée, working girl, maman de 3 enfants issus de 2 mariages différents, divorcée (2 fois). Elle aime son travaille, elle est indispensable à la bonne marche du cabinet. Enfin, c'est ce qu'elle pense, mais à peine va-t-elle montrer des signes de faiblesse qu'elle va se rendre compte que la mettre de coté est plus que facile...

A l'intérieur elle est en miettes, mais cela, personne ne le sait.

Ces trois femmes, presque personne ne croit en elles. Smita est seule, avec sa fille. Elle est en fuite et est certaine que la mort sera douloureuses si elles se font rattraper. J'ai été scandalisée par touts les chapitres centrés sur l'Inde. Comment des êtres humains, des femmes, des enfants peuvent-ils être à ce point rabaissés, rendus en esclavage, violés pour l'exemple, tués sans vergogne... J'en pleurait des larmes de colère et d'indignation. J'en tremblait pour elles-deux, comment allaient-elles pouvoir réussir à se sauver ?

Elle aurait préféré naître sous forme d'une vache, ainsi elle aurait été respectée.

Il n'y a bien que l'histoire de Guilia qui apporte un petit brin de légèreté et d'amour avec sa rencontre avec Kamal, un sikh, que sa famille n’approuverait certainement pas. C'est cet homme qui va la soutenir et même, lui trouver une idée pour sauver son entreprise, idée que, bien évidemment, sa famille rejettera en bloc. Mais Guilia ne doit pas se laisser abattre, elle doit penser à toutes celles qui vivent de son usine de teinture et mettre tout en oeuvre pour se démarquer.

Leurs amours sont clandestines. Ce sont des amours sans papier.

Quant à Sarah, mince quoi. J'étais tellement en colère contre ses collègues, contre ses patrons, contre tous ces arrivistes qui n'attendent que de vous voir flancher pour vous écraser et prendre votre place, contre ceux qui disent vous souvenir mais qui vous tournent le dos dès qu'une meilleure opportunité se présente. La pauvre Sarah fait pourtant tout ce qu'elle peux pour cacher sa maladie, à elle-même d'abord, puis à ses enfants et à ses collègues parce qu'être faible, c'est être mangé. 
Les carnivores sont utiles à la nature, car ils dévorent les faibles et les malades.


Bilan

J'ai été tellement emportée par les destins de ces trois femmes que je n'ai pu lâcher ma lecture avant de l'avoir terminé. J'ai été en colère, révoltée mais aussi émue et surtout admirative par le courage dont elles vont faire preuve. Tout se ligue contre elles et pourtant, elles vont toutes finir la tête haute, avec un grand sourire aux lèvres et une envie de montrer au monde de quoi elles sont capables. 
C'est brillant, magnifique. 





Bonne journée
Bisous
💛


8 commentaires:

  1. Ou lala ça donne vraiment envie :D Grenouillire
    https://lamenageriedulivre.wordpress.com/

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  2. Il m'avait intrigué quand je l'avais vu passer sur NetGalley, mais je me suis dit qu'il n'était peut-être pas tout à fait pour moi...
    Finalement j'aurais dû craquer parce que ton avis donne trop envie de le lire! :o

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